Vous êtes ici > Rubrique de Pierre


Retour à l'accueil

 

 

 

 

Orchidées

Les orchidées

La rubrique de Pierre Agnola

 

L’orchidée est sans aucun doute l’une des plus belles réussites de l’évolution végétale récente (environ 20 Millions d’années). En effet, autant par son apparence foisonnante, gracieuse et colorée que par sa biologie tout à fait particulière, l’orchidée intéresse et fascine.
Forte de 25 000 à 30 000 espèces, la famille des orchidées est immense. La plupart de ces espèces vivent au niveau des tropiques, véritables hotspots de biodiversité. Cependant, certaines ont eu la bonne idée de s’acclimater au climat de la France métropolitaine, si bien que l’on y compte 145 espèces différentes d’orchidées.
Les orchidées mâles sont en fleurs actuellement au terril de Morteru. C’est donc l’occasion de faire un rapide focus sur ce végétal et de rappeler à quel point il est remarquable.

 

Une anatomie caractéristique

Sous les tropiques, les orchidées sont des plantes épiphytes, c’est-à-dire qu’elles poussent directement sur les arbres, de la même manière que le lierre ou les lianes. Cependant, toutes les espèces européennes d’orchidées sont des plantes terrestres vivaces formées d’une partie souterraine et d’une partie aérienne.
Concernant la partie souterraine, il est bon de savoir, qu’en plus des racines, l’immense majorité des orchidées vivaces ont un bulbe souterrain permettant la survie, d’une année sur l’autre, de la plante. 
La partie aérienne, elle, est composée :

- D’une tige, haute de 20-30 centimètres en moyenne, et la plupart du temps pleine.

- De feuilles lancéolées (allongées), lisses et engainantes (cf schéma ci-dessous)

 

Schéma

- Des fleurs disposées la plupart du temps en épi, à symétrie verticale et possédant un labelle.

 

Une biologie fascinante expliquant sa rareté

La germination des orchidées est un événement biologique qui ne pourrait avoir lieu sans l’association de deux êtres vivants, d’une part l’orchidée et d’autre part un champignon du genre Rhizoctonia. Précisons les choses.
On le sait tous, certains végétaux se reproduisent grâce à des graines. La majorité de celles-ci contient les réserves nutritives nécessaires à la germination et la croissance du jeune plant émergent. Cependant, d’autres, dont celles des orchidées vivaces, ne possèdent pas ces réserves assurant l’autonomie de la graine une fois enfouie.
Pour qu’une graine d’orchidée puisse germer, il faut que celle-ci se laisse partiellement infesté par un champignon particulier. Les études menées tendent à démontrer que le champignon élèverait la teneur en sucres de la graine, libérerait quelques vitamines et enzymes nécessaires à la germination de l’orchidée. Ainsi, on peut dire que le champignon joue le rôle d’une paille, dont la graine se sert pour se nourrir.
De plus, tout n’est équilibre. En effet, pour que l’association soit bénéfique il faut un juste équilibre de l’infection de la graine par le champignon. Trop envahissant ou pas assez et la plante ne peut se développer.
En échange de ce service rendu, la plante, une fois développée, nourrira à son tour le champignon qui restera sur la surface des racines et du bulbe nouvellement formés.
Ce mécanisme d’association du vivant avec service rendu des deux côtés est appelé « symbiose » dans le jargon scientifique. Comme autres exemples de symbioses, nous pouvons citer le lichen, qui est une association entre une algue et un champignon, ou les coraux qui associent une algue unicellulaire et des invertébrés.

Ainsi, la prochaine fois que vous trouverez une orchidée sauvage, rendez-vous compte du caractère exceptionnel de cette rencontre. Pour qu’une graine minuscule, emportée au gré du vent, atterrisse à un endroit où un champignon particulier est présent, il en faut des milliers d’autres qui atterrissent au mauvais endroit et ne peuvent jamais croître.

 

 

Orchidées

 

                                

À vos observations amis Sanvignards !!!

 Et n’hésitez pas à me transmettre vos photos (pierre.agnola@vetagro-sup.fr)

 

 

 

 

Que voir à Sanvignes cette semaine ?

(27 Mars – 6 Avril 2017)

La rubrique de Pierre Agnola

 

Comme chaque semaine, la liste des migrateurs revenant peupler nos contrées Sanvignardes s’est encore allongée !
Autre événement naturaliste : la reproduction des salamandres et tritons aussi appelés uropèdes. 

 

Salamandres, tritons et larves !

Ces animaux appartiennent à la grande famille des amphibiens. Il faut savoir qu’ils sont essentiellement forestiers même s’il est possible de les rencontrer dans un bocage. Ceux-ci sont des espèces remarquables pour plusieurs raisons :

- L’immense majorité des amphibiens possède des poumons à l’âge adulte et affectionne l’écosystème terrestre alors que leurs larves sont aquatiques et munies de branchies.

- Les salamandres et tritons possèdent un mucus tapissant leur peau permettant d’éviter leur dessèchement et de respirer même sous l’eau !

- Les salamandres excrètent une substance toxique lorsqu’elle se sent en danger. Donc si vous avez l’occasion d’en toucher une, pensez à vous laver les mains directement après, sous peine de subir des vomissements répétés.

- Ces animaux, craignant le soleil, sont essentiellement nocturnes, ainsi, pour les observer le meilleur moment est le crépuscule.

Les larves de salamandres sont très faciles à observer dans une forêt. Si vous avez l’occasion de parcourir les allées de la forêt d’Uxeau, vous pourrez les admirer sans difficulté pour peu que vous croisiez la route d’une petite mare peu profonde. Les larves de tritons et salamandres sont presque similaires, cependant il est facile de reconnaître celles des salamandres qui sont les seules à posséder des tâches jaunes au niveau des pattes.

 

Larves de salamandre tachetée

Larves de salamandre tachetée

 

Triton palmé

Triton palmé

 

Salamandre tachetée

Salamandre tachetée

 

Les arrivées de nouveaux migrateurs

Il suffit de sortir dehors en milieu de journée pour s’en rendre compte : les chants des oiseaux sont omniprésents et différents de ceux entendus en hiver.
Les nouveaux arrivés sont la fauvette à tête noir, le coucou gris et le rossignol philomène.

Fauvette à tête noire

Fauvette à tête noire

 

Les papillons

Carte géographique    Tircis

Carte géographique                                                                                         Tircis

 

 

Les nouvelles fleurs

Anémone des bois   Primevère élevée

Anémone des bois                                                                                          Primevère élevée

 

Un vulcain butinant un prunier-cerisier     Un citron

Cardami                                                                                                            Populage des marais

 

Violette des bois     Lamier pourpre

Stellaire holostée                                                                                              Myosotis des champs

Orchidée du terril de Morteru    

Orchidée du terril de Morteru                                                                                              

    

                                                                                            

 

À vos observations amis Sanvignards !!!

 Et n’hésitez pas à me transmettre vos photos (pierre.agnola@vetagro-sup.fr)

 

 

 

 

Que voir à Sanvignes cette semaine ?

(19 – 26 Mars 2017)

La rubrique de Pierre Agnola

 

Le réveil des reptiles !

Ces animaux à sang froid profitent des premières chaleurs pour sortir de leur cache hivernale et commencer à récupérer de cette longue période d’inactivité.
6 espèces sont pour le moment recensées à Sanvignes-les-Mines et sont donc susceptibles de croiser votre chemin.

- Le lézard des murailles

- Le lézard des souches

- La vipère aspic          

- La couleuvre vipérine

- La couleuvre à collier

- L’orvet

Si la plupart sont inoffensifs pour l’homme, les couleuvres (avec leur morsure) et les vipères (avec leur venin) peuvent représenter un danger. Il convient donc de faire attention durant vos randonnées. Cependant, il faut relativiser cette peur des serpents. En effet, ceux-ci, comme la plupart des animaux sont très craintifs et ne vous attaquerons que lorsqu’ils se sentent en danger. Dès lors, c’est à nous de faire attention de ne pas sortir des sentiers et d’éviter les lisières, roncières jonchées de pierres, bien exposées au soleil : habitats privilégiés de nos amis les reptiles.

Toutes les espèces de reptiles sont aujourd’hui protégées en France !

Ces mesures de protection s’expliquent au vu de leur faible population et de leur rôle essentiel de régulation des populations de micro mammifères dans les écosystèmes.

Lézard des murailles

Lézard des murailles

 

L’éclosion des œufs d’amphibiens 

J’avais évoqué avec vous la semaine dernière la ponte des œufs d’amphibiens dans les différents points d’eaux de Sanvignes. Figurez-vous que ceux-ci ont éclos ! En effet, tous les œufs de crapaud et certains de grenouilles ont éclos. L’embryon à l’intérieur de chaque œuf s’est développé en un têtard muni de branchies et parfaitement adapté à la vie aquatique.  Il va maintenant attendre au moins deux mois et un processus de métamorphose tout à fait grandiose avant que ces têtards sortent de l’eau pour devenir grenouille ou crapaud.

 

Cycle de vie d'un embryon de grenouille

Cycle de vie d'un embryon de grenouille

 

Têtard observable aux abords d'un étang du terril de Morteru    Têtard observable aux abords d'un étang du terril de Morteru

Têtard observable aux abords d'un étang du terril de Morteru

 

L’apparition de nouveaux papillons

Les papillons sont de plus en plus nombreux à colorer et animer nos promenades. J’avais présenté le Robert-le-diable, le très célèbre Paon-du-Jour et la Petite tortue la semaine dernière mais d’autres espèces sont maintenant observables si l’on jette un œil (même distrait) dehors !
Le Vulcain fait partie de ceux-là. Mais ce papillon, avec d’autres, se démarquent de la majorité des papillons. Savez-vous ce que le Vulcain, le Monarque, la Belle-dame ou le Souci ont en commun ? Ce sont tous des papillons migrateurs !
Ainsi, le Vulcain, hivernant en Afrique du Nord, traverse le détroit du Gibraltar grâce aux vents dominants et parcourt près de 2000 km avant d’arriver en France pour l’été. Quelle prouesse pour un être vivant de moins d’un gramme !
Après un tel trajet, celui-ci doit se reposer plusieurs jours avant de chercher à se reproduire. Vous le trouverez donc souvent immobile, au soleil, durant vos randonnées.

 

Azuré de la bugrane   Femelle Piéride du chou

Azuré de la bugrane                                                                                          Femelle Piéride du chou

 

Un vulcain butinant un prunier-cerisier     Un citron

Un vulcain butinant un prunier-cerisier                                                               Un citron

 

Le pouvoir des fleurs 

Les prairies, pelouses, bords de chemins, bois et lisières de Sanvignes sont également passés à l’heure du printemps ! En effet, plusieurs espèces sont en fleurs, faisant le plaisir de nos yeux et des butineurs impatients de collecter le nectar.
Plusieurs espèces sont très communes et facilement reconnaissables durant vos sorties : Le ficaire, le lamier pourpre, le pissenlit, le pas d’âne, la violette des bois, le primevère officinale, le fraisier des bois, le tussilage, la célèbre marguerite, la véronique de perse, le muscari ou encore les cardamines ! A vous d’affiner vos observations et de réussir à repérer ces quelques espèces en un coup d’œil. Et vous verrez que les randonnées prennent une toute autre dimension lorsqu’on peut donner un nom à une plante, à un papillon ou à un oiseau que l’on observe !

 

Violette des bois     Lamier pourpre

Violette des bois                                                                                                 Lamier pourpre

Le fameux pissenlit    Véronique de perse

Le fameux pissenlit                                                                                              Véronique de perse

Un Muscaris     La célèbre marguerite

Un Muscaris                                                                                                       La célèbre marguerite

 

À vos observations amis Sanvignards !!!

 Et n’hésitez pas à me transmettre vos photos (pierre.agnola@vetagro-sup.fr)

 

 

 

 

Pouillot Véloce

Un pouillot véloce perché près du lac Saint-Amédée

Que voir à Sanvignes cette semaine ?

(12 – 18 Mars 2017)

La rubrique de Pierre Agnola

Vous l’avez sans doute tous remarqué : le printemps et ses beaux jours sont de retour dans nos contrées Sanvignardes ! Qui dit printemps, dit nature en ébullition. La faune et la flore, encore engourdies et affaiblies par l’hiver, ressentant l’augmentation des températures et de la durée du jour, se réveillent peu à peu.
Cette période de l’année est ma préférée en termes d’observations naturalistes car le paysage, les couleurs, les sons évoluent chaque jour.
Pour vous permettre de vous familiariser avec la nature environnante qui ne cesse de changer durant cette période, je vous transmettrai chaque semaine mes observations naturalistes pour que vous appreniez à reconnaître les espèces présentes sur la commune.

 

Le retour des premiers oiseaux migrateurs !

Au-delà des journées ensoleillées, il est un signe qui ne trompe jamais quand on veut deviner l’arrivée du printemps : le retour des oiseaux migrateurs !
Un des premiers à revenir chaque année est le Pouillot véloce ! Son chant caractéristique et la population importante présente sur Sanvignes vous permettront de l’identifier très rapidement !

 

Au lac de Saint-Amédée vous pouvez également observer un beau grèbe huppé. De plus, ses parades nuptiales caractéristiques pour charmer madame ne devraient tarder.

grèbe

Grèbe huppée naviguant sur les eaux paisibles de Saint-Amédée

 

Aussi, le plus beau moment de cette semaine fut assurément ma rencontre avec une cigogne noire dans un bois de sanvignes.
La cigogne noire est une espèce particulièrement rare et protégée : il n’en existe que 37 à 60 couples nicheurs en France et pas plus de 500 en Europe !
Vous excuserez le flou des photos, mais vu mon étonnement et ma surprise lors de cette rencontre, je suis déjà heureux d’avoir pu en prendre deux !

 

 

Cigogne noire en plein vol observée à Sanvignes

 

La reproduction des amphibiens

Grenouilles et crapauds n’ont pas attendu longtemps. En effet, alors qu’ils ont passé les mois hivernaux enfouis sous terre, ils se sont reproduits il y a maintenant quelques jours. Ainsi, sur les berges des plans d’eaux du Terril de Morteru, du lac de Saint-Amédée, des Fouthiaux, ou de n’importe quelle mare ou étang, vous pouvez observer les œufs translucides de ces amphibiens.

 

Autre curiosité de la nature, la disposition de ces œufs permet de distinguer les crapauds des grenouilles. En effet, alors que la grenouille va pondre ses œufs en amas à la surface de l’eau, le crapaud va lui pondre en filaments très caractéristiques.

oeufs de crapauds

Oeufs de grenouille aux abords d'un étang du terril

Oeufs de crapauds

Oeufs de Crapaud en filaments

 

Crapaud commun

Crapaud commun observé au terril de Morteru

 

La floraison des premiers arbres et le réveil des butineurs !

Après plusieurs mois passés nus, il est grand temps pour nos amis les arbres de se parer de leurs plus beaux habits : feuilles et fleurs.

Aussi, le premier arbre qui fleurit, chaque année, c’est le saule marsault ! Arbre de zones humides et très présent sur la commune, celui-ci possède des fleurs très caractéristiques en formes de « chatons ».

La précocité de celui-ci fait les affaires des premiers butineurs à se réveiller : abeilles solitaires, bourdons et papillons !

Chatons

Bourdon butinant le nectar d'une fleur de Saule Marsault

 

Papillon Paon-du-jour

 

Papillon Petite-tortue

 

Papillon Robert-le-diable

 

À vos observations amis Sanvignards !!!

Et n’hésitez pas à me transmettre vos photos (pierre.agnola@vetagro-sup.fr)

 

 

 

La rubrique de Pierre AGNOLA

 

La chenille processionnaire du pin

Vous en avez sûrement déjà vu lors de vos promenades Sanvignardes ou même dans votre jardin, je parle de ces cocons de soies blanches perchés aux extrémités des branchages des pins peuplant la commune. Ce sont des nids de chenilles processionnaires du pin, ravageur tristement célèbre à cause des dégâts qu’il cause sur les pinèdes.
Parce que cette espèce est souvent méconnue, cet article a pour objectif d’expliquer succinctement la biologie de ce ravageur ainsi que les techniques de luttes pour s’en débarrasser !

 

  • Présentation de l’espèce :

La chenille processionnaire du pin est la larve d’un papillon de nuit, le Thaumetopoea pytocampa. Cette espèce est responsable de lourds dégâts causés aux massifs de pins. En effet, le papillon adulte pond ses œufs en été sur une branche de pin (pin noir d’Autriche, pin laricio de Corse, pin Sylvestre, …).
Cinq à six semaines après la ponte, les chenilles naissent. Celles-ci se nourrissent du limbe des aiguilles de pins et se réfugient ensuite dans un petit cocon de soie pour muer. Au milieu de l’automne, après avoir réalisé 5 mues successives, celles-ci se réfugient en colonies dans un nid volumineux situé à l’extrémité des branches pour profiter de l’ensoleillement. Elles y passeront l’hiver.

 

Pin

Nid d'hiver d'une colonie de chenilles processionnaires du pin aux Fouthiaux

 

 

chenilles

Chenilles processionnaires du pin cherchant un endroit pour s'enfouir dans le sol

 

Il convient de préciser que les chenilles processionnaires deviennent urticantes au troisième stade larvaire.
Dès les premières journées chaudes printanières, les chenilles descendent de l’arbre en procession, avec pour objectif de s’enfoncer dans le sol et de commencer leur phase de métamorphose en formant une chrysalide.
En plein été, après quelques mois de nymphoses, les papillons vont sortir de terre pour s’accoupler, et la femelle pondra ses œufs sur une branche de pin, refermant le cycle de vie de l’espèce.

 

 

cycle

Cycle biologique de la chenille processionnaire du pin
Source : service environnement de Lorient.fr

 

Son habitat :

Les papillons préfèrent pondre leurs œufs, et les chenilles préfèrent faire leur nid sur une branche bénéficiant d’une exposition sud/sud-ouest.
Ainsi, on trouvera majoritairement les nids en lisière ou sur des pins esseulés car plus ensoleillés.

 

Pourquoi la chenille processionnaire est une menace ?

  Tout d’abord, il faut savoir que la chenille processionnaire n’engendre pas la mort de l’arbre. Cependant, en se nourrissant de ses feuilles, et donc en le défoliant, les chenilles participent à affaiblir l’arbre, à stopper sa croissance, et à le rendre plus sensibles à des parasites qui eux, provoqueront sa mort.
Mais, même infestée, une forêt de pins peut récupérer en quelques années, une fois la chenille éliminée.
Aussi, le caractère urticant des chenilles représente un danger pour tous les animaux entrant en contact avec, y compris l’homme. Le contact peut être direct avec la chenille ou indirect, dans le cas de poils transportés par le vent.
Les conséquences peuvent être des démangeaisons importantes sur la zone de contact et ailleurs, des conjonctivites ou encore des troubles respiratoires en cas d’inhalation.
Aussi, il arrive que nos amis les chiens et chats, piégés par leur curiosité, essayent de manger des chenilles processionnaires. Dans ce cas, si rien n’est fait, la langue de l’animal se nécrose pouvant entraîner la mort de celui-ci. Ainsi, contacter le vétérinaire le plus rapidement possible est la meilleure solution.

 

Comment s’en débarrasser ?

Heureusement, il existe des méthodes efficaces pour lutter contre ce ravageur. A chaque période de l’année correspond une méthode de lutte adaptée, à vous de choisir celle qui vous convient le mieux !

 

Les traitements Automne/Hiver

 

Septembre/Octobre

Durant cette période, peu de traitements sont envisageables. Cependant c’est la période pour le traitement chimique de ce ravageur. Celui-ci consiste à épandre une solution comprenant une bactérie, Bacillus thuringiensis, insecticide biologique. Cependant, cette méthode est à éviter à tout prix car elle tue les larves de chenilles processionnaires certes, mais également tous les autres insectes, perturbant ainsi toute la chaine alimentaire d’un écosystème. Ainsi, mieux vaut ne rien faire, en termes de luttes contre les chenilles, durant cette période.  

 

Octobre/Janvier

Voici LA technique ancestrale de lutte contre les chenilles processionnaire : l’échenillage mécanique. C’est-à-dire enlever et détruire manuellement les nids de chenilles processionnaires. En effet, dès octobre, les nids sont bien visibles, placés à l’extrémité des branches de pins. Ainsi, en utilisant une échelle et en veillant à être couvert sur tout le corps, pour éviter tout contact, vous pouvez arracher les nids.
Il convient ensuite de les brûler pour les détruire, même si la soie des chenilles met du temps à succomber aux flammes ! Ne laissez surtout pas les chenilles dans un sac poubelle car celles-ci vont peut-être mourir mais leurs poils seront toujours urticants !

 

Les traitements Hiver/Printemps

piège

Exemple d'éco-piège install

 

Février/Avril

Le printemps arrive ? Il est grand temps d’utiliser les éco-pièges ! Ceux-ci, actuellement utilisés par les services espaces verts de la commune de Sanvignes-les-Mines, consistent à entourer l’arbre infecté d’un entonnoir se prolongeant par un tuyau menant directement à un sac plastique de récupération. Le principe est simple et l’efficacité d’un tel système est redoutable : lors de la procession des chenilles (descente en file indienne de l’arbre infecté des chenilles) celles-ci vont suivre l’entonnoir et terminer dans le sac de récupération. Ainsi regroupées, il est facile de se débarrasser des chenilles en les brûlant.

 

Les traitements Été

 

piège

Piège à phéromones installé

 

Juin/Août

C’est la période des amours pour nos chenilles survivantes devenues papillons. Une méthode de lutte consiste alors à utiliser un piège à phéromones. Celles-ci sont des substances chimiques produites par les femelles pour attirer les mâles en période de reproduction. Ainsi, le piège en question attire les papillons mâles, grâces aux phéromones, et les capture dans un sac de récupération, de la même manière que les éco-pièges.

 

La lutte biologique

La lutte biologique est une méthode de lutte contre les espèces nuisibles (comme la chenille processionnaire du pin) au moyen d’organismes vivants antagonistes. Ceux-ci ont une relation de proie/prédateur ou proie/parasite avec l’espèce nuisible et, ainsi, en régulent naturellement la population.
Pourquoi s’épuiser à lutter contre les chenilles processionnaires quand la nature le fait naturellement ?
Par exemple, la mésange charbonnière possède la capacité de manger des chenilles processionnaires malgré leurs poils urticants ! Ainsi, en période de nidification, un couple de mésange charbonnière peut consommer jusqu’à 500 chenilles par jour !
Dès lors, vous pouvez installer des nichoirs à mésange charbonnière dans votre jardin pour nettoyer vos pins de ce ravageur !
La mairie de Sanvignes-les-Mines est en train de mettre en place un programme de lutte biologique par les mésanges charbonnières à l’échelle de la commune.

 

Bonne journée à tous !

 

 

 

 

La rubrique de Pierre AGNOLA

Comment les animaux passent-ils l’hiver ?
L’hibernation, semi-hibernation et adaptation

La semaine dernière, nous nous sommes intéressés à nos amis, volatiles insectes et autres, qui, forts de leurs exceptionnelles qualités d’orientation et de locomotion, rejoignent chaque année des contrées au climat plus clément.
Cependant, certains animaux, n’ayant peut-être pas le goût du voyage et de l’aventure, préfèrent rester en France et affronter l’hiver. Ceux-ci utilisent trois stratégies différentes que nous allons détailler une par une : l’hibernation, la semi-hibernation et l’accommodation.

 

L’hibernation

Tout d’abord, pour comprendre ce phénomène, il convient de rappeler que les animaux peuvent être « à sang chaud » ou « à sang froid ». La différence entre les deux est la capacité de l’animal à réguler sa température interne indépendamment de la température externe.
Par exemple, l’homme est à sang chaud avec une température interne constante avoisinant les 37°C, même en hiver. Alors que tous les reptiles voient leur température interne baisser drastiquement en même temps que l’arrivée des conditions hivernales.
Aussi, il faut savoir que, maintenir une température interne élevée malgré les températures froides de l’hiver, représente une très grosse dépense énergétique pour les animaux. Or, la grosseur de certains et/ou l’absence de nourriture en hiver les empêchent de réguler ce paramètre interne.
Ainsi, tous les animaux à sang froids, et certains à sang chauds, incapables de subvenir à leur besoin énergétique l’hiver venu, pratiquent l’hibernation.

L’hibernation représente un état léthargique dans lequel :

-  La température corporelle baisse de manière importante (jusqu’à frôler le zéro parfois).

- Le métabolisme est très fortement ralenti avec une fréquence cardiaque allant jusqu’à 1 ou 2 battements par minutes.

- Une activité cérébrale quasiment absente mais suffisante pour assurer les besoins vitaux de l’animal (respiration, battements cardiaques).

Les causes de l’entrée en hibernation sont beaucoup étudiées aujourd’hui. D’aucuns pensent que la diminution de la température externe est la cause principale alors que d’autres misent sur la diminution de la photopériode (durée du jour).
Ceci étant, l’animal prépare toujours une hibernation en constituant des réserves de graisses impressionnantes avant l’hiver.

Tous les animaux hibernants cherchent un lieu isolée, abrité et tranquille pour tomber sereinement en état léthargique dans lequel il leur sera impossible de se défendre. C’est pour cela qu’il est si difficile de rencontrer un hibernant durant nos randonnées d’hiver. Par exemple, certains crapauds passent l’hiver dans le sol, enfoncés sous 30 cm, ceux-ci sont protégés des aléas climatiques.
Le record de la durée d’hibernation est attribué au Loir gris : ce petit animal dort d’octobre à avril c’est-à-dire pendant 7 Mois !! On comprend mieux l’expression « dormir comme un loir ».

Exemple de certains animaux hibernants :

- Le hérisson

- Le loir gris

- La marmotte

- Les serpents

- Les chauves-souris

- Les lézards

- Les tortues terrestres

- …

Loir

Loir gris hibernant ! Encore un qui a trop fait la fête ...
Source : ac-nice

 

Attention à ne pas réveiller un animal hibernant !! 14

 

Le stress, provoqué par un réveil soudain pendant l’hibernation, entraîne une forte utilisation (et donc diminution) de la réserve de graisses de l’animal synonyme de mort la plupart du temps. Donc, avant de tailler vos massifs ou de vous nettoyer votre grenier, veillez à bien regarder si un hérisson ou une chauve-souris n’a pas prévu de passer l’hiver à cet endroit.
Si vous trouvez un tel animal réveillé durant les mois d’hiver, de décembre à février, vérifiez tout d’abord si vous ne voyez pas son abri ou ses semblables aux alentours.
Si ce n’est pas le cas, recueillez-le et placez-le au chaud le plus rapidement possible. Installez le dans un carton avec de la nourriture (croquettes pour le hérisson, petits insectes pour les chauves-souris, et de l’eau.
Attendez quelques heures/jours, qu’il refasse ses réserves puis relâchez-le à l’endroit où vous l’aviez trouvé.

 

 

 

La semi-hibernation

Et oui, ce n’est pas du chipotage mais il existe bel et bien des animaux à sang chaud « hibernants » ET d’autres « semi-hibernants ».

Pour mieux comprendre, prenons un exemple et profitons-en pour en finir une bonne fois pour toutes avec une fausse vérité : l’ours n’hiberne pas, il semi-hiberne !!

La semi-hibernation se caractérise par une baisse de seulement quelques degrés de la température interne et une activité métabolique seulement ralentie.
De plus, durant celle-ci, les animaux se réveillent à plusieurs reprises à cause de dérangements humains ou d’une modification importante des conditions climatiques extérieures. Réveillés, ils en profitent pour reconstituer leurs réserves de nourritures et même pour mettre au monde leurs petits : c’est le cas de la femelle ours noir qui met bas et s’occupe des oursons durant cette période.

Le blaireau et le raton-laveur son également des semi-hibernants

 

blaireau

Le blaireau est un animal semi-hibernant présent sur la commune de Sanvignes
Source : vie-animale

 

L’acclimatation

Ainsi, après avoir vu les espèces migratrices, hibernantes et semi-hibernantes, voici les plus vaillantes, celles qui, malgré les rudes conditions hivernales, continuent de vivre (presque) normalement.
Je dis presque car toutes s’adaptent, morphologiquement et/ou au niveau du comportement, le temps de l’hiver. Puis, une fois le printemps revenu, la morphologie et le comportement de ces animaux revient à la normale ; C’est pour cela que l’on parle d’acclimatation et non pas d’adaptation (qui serait alors un changement morphologique permanent et transmissible aux générations futures). 

Exemples de différents changements morphologiques (adaptation au froid) :

- Variation de la structure du pelage des mammifères : augmentation de la longueur des poils. Ceux-ci, plus longs, augmentent le volume d’air chaud conservé entre les poils et la peau et participent à lutter contre le froid.

 

- Sécrétion de sébum sur la peau pour imperméabiliser le pelage.

- Les frissons sont des mouvements réflexes involontaires qui permettent la création de chaleur dans l’organisme.

- Ect …

 

Quelques changements comportementaux :

- Beaucoup d’animaux solitaires d’ordinaire adoptent un comportement grégaire l’hiver. C’est le cas des passereaux. Il n’est pas rare de croiser à Sanvignes des volées de mésanges bleues/charbonnières accompagnées de Verdiers d’Europe. En effet, plus ces animaux sont nombreux, plus ils se réchauffent, plus la nourriture est facile à trouver et plus ils sont protégés des prédateurs.

 

- La période de reproduction du renard se déroule en plein hiver, en Janvier ! C’est le seul mammifère de nos régions qui est en rut et s’accouple dans des conditions aussi difficiles. Cependant, après une gestation de 52 à 53 jours, les renardeaux verront le jour au début du printemps et auront ainsi toute une belle saison pour s’enhardir et pouvoir passer l’hiver suivant.

 

renard

Le renard, un animal parfaitement adapté aux conditions hivernales. Sur cette photo on peut voir la densité impressionnante de son pelage.
Source : Julien Michel

 

 

            On peut dire qu’il existe presque autant de manière de passer l’hiver que d’espèces différentes. Ces différentes techniques misent en œuvre pour l’hiver nous montrent la formidable capacité de la nature à s’adapter en privilégiant la coopération et des transformations morphologiques simples, réversibles et économes en énergies.

Décidemment, quand on prend le temps de s’y intéresser, cette belle nature est pleine de surprises et source inépuisable d’émerveillement.

 

 

 

 

 

La rubrique de Pierre AGNOLA

Chaque semaine, Pierre Agnola nous livrera un ou des secrets de la nature....

Pour sa troisième rubrique, il nous parle des stratégies des animaux pour passer l'hiver

Les flocons de neige qui ont tapissé les paysages sanvignards de blanc nous le rappelle : l’hiver est rude. Alors que les animaux n’ont pas la chance d’avoir une maison chauffée et isolée, ceux-ci doivent faire face à ces conditions extrêmes. Aussi, nombreuses sont les stratégies développées, et affinées par les animaux au fil de l’évolution, pour survivre durant cette saison. Toutes doivent permettre aux animaux de satisfaire deux besoins primordiaux : se nourrir et faire face au froid hivernal.

 

Certaines de ces stratégies sont connues par tous, comme l’hibernation de l’ours ou la migration des hirondelles. Mais saviez-vous que l’ours n’hiberne pas mais qu’il semi-hiberne ? Et Savez-vous ce qui pousse les hirondelles à partir chaque automne ?  
Ce sujet sera traité en deux rubriques successives. Cette semaine je vais essayer de lever les mystères entourant le merveilleux phénomène naturel qu’est la migration.

Migration des oiseaux

Vol groupé d'oiseaux migrateurs

 

Tout d’abord, la migration animale est un déplacement saisonnier et (presque toujours) régulier. C’est la réponse la plus simple et la plus extrême à l’arrivée des conditions hivernales : « Des conditions difficiles arrivent ? Très bien, je préfère passer l’hiver plus au sud, au chaud et le ventre plein ». La migration implique obligatoirement un retour, auquel cas le processus serait plutôt une colonisation.
Aussi, migrer n’est pas réservé exclusivement aux oiseaux. En effet, les insectes, notamment les papillons et les criquets effectuent également une migration.

Comment et quand la migration se déclenche-t-elle ?
La date n’est pas commune entre toutes les espèces, certaines vont partir dès que la nourriture vient à manquer (insectes volants pour les oiseaux ou plantes à fleurs pour les papillons) alors que d’autres attendront jusqu’aux premières gelées (canards).
La migration est induite par la sécrétion d’hormones (notamment la mélatonine et la corticostérone). Cette même sécrétion d’hormones est provoquée par la baisse de la luminosité, caractéristique de l’automne, et par le stress qu’occasionne le manque de nourriture.
Suite à ces bouleversements hormonaux, l’animal va préparer son corps à l’extrême exigence des déplacements migratoires. Tout d’abord il va constituer des réserves de graisses, puis, dans le cas d’un oiseau, il va réaliser une mue, c’est-à-dire renouveler certaines de ses plumes pour optimiser son futur vol.

Enfin, les départs migratoires s’effectuent de nuit la plupart du temps.
Nous, humains, nous avons besoin d’un GPS pour nous orienter. Les animaux, eux, sont capables de voler durant des milliers de kilomètres et rejoindre, chaque année, la même aire d’hivernage avant de revenir, chaque année, au même endroit passer l’été.


Comment ce formidable sens de l’orientation s’explique-t-il ?
Bien plus fiable que le dernier garmin, les animaux migrateurs s’appuient sur plusieurs facultés hors du commun pour parfaire leur sens de l’orientation :

- La perception du champ magnétique. Vous savez sûrement que la terre est entourée d’un champ magnétiques provoqué par la mise en circulation du noyau externe fluide de la terre. Celui-ci varie en fonction de votre emplacement sur terre. Les oiseaux sont capables de capter ce champ magnétique grâce à des cristaux présents dans leurs cellules externes.

- Une vue et un odorat hors du commun qui viennent parfois corriger le compas magnétique cité précédemment.

- La capacité de s’orienter grâce aux étoiles. En effet, connaissant le ciel du printemps et le ciel de l’automne, l’oiseau va respectivement s’orienter vers le nord ou le sud. Cette faculté n’est pas innée chez les oiseaux, ils la perfectionnent au fil des migrations.

- Cela n’a pas encore été prouvé scientifiquement, mais il semblerait que les animaux ont une capacité de mémoire. Ceux-ci forment une carte mentale de leurs trajets qu’ils transmettent ensuite aux générations futures.

Durant le trajet, les animaux sont amenés à s’arrêter sur plusieurs aires de repos pour reconstituer leur réserve de graisse.

 

De plus, les animaux évitent au maximum un vol prolongé au-dessus des mers ou des océans puisque les vents y sont faibles et il est impossibles de s’y reposer pour la majorité des oiseaux.

En France, si l’on simplifie fortement, on peut dire qu’il y a deux grands couloirs de migration représentés sur la carte ci-dessous.

 

Carte migration

Carte simplifiée des deux couloirs de migration de France

 

Attention

Aujourd’hui, ces phénomènes migratoires sont fortement impactés par l’activité humaine et particulièrement par le réchauffement climatique.
En effet, celui-ci a une influence évidente sur la sédentarisation des espèces. Par exemple, il est aujourd’hui courant d’observer des oiseaux, habituellement migrateurs, adopter un comportement de nicheurs comme la fauvette à tête à noir ou le pouillot véloce.

 

En attendant le retour des chants mélodieux des rossignols ou du singulier coucou de l’oiseau éponyme, voici quelques exemples des distances parcourues par certains oiseaux pour rejoindre leur aire d’hivernage.

- Hirondelle rustique : 10 000km

- Coucou gris : 3000 km

- Cigogne blanche : jusqu’à 10 000km

- Sterne arctique : 17000 km

- Vulcain (papillon) : jusqu’à 2000 km

 

A bientôt pour la prochaine rubrique sur les autres stratégies utilisées par les animaux pour survivre à l’hiver !

 

 

 

La rubrique de Pierre AGNOLA

Chaque semaine, Pierre Agnola nous livrera un ou des secrets de la nature....

Pour sa deuxième rubrique, il nous parle du GUI

 

Le choix de cette rubrique fut particulièrement aisé : les fêtes de fin d’années représentent le moment opportun pour mettre en lumière un végétal hors du commun : le gui (viscum album).
Vénéré chez les Celtes, le gui était l’objet d’une fête célébrant le solstice d’hiver : durant celle-ci, le druide du village se chargeait de la cueillette (et s’appelait peut-être Panoramix, qui sait ?). Nombreux sont les mythes et traditions autour de lui, témoignant du caractère mystérieux qu’il représente pour l’esprit humain.
En effet, le gui est l’une des plantes terrestres les plus étranges, à la fois par sa morphologie et sa biologie. Partons à sa découverte.

gui

Figure 1: Boule de gui observée près du bois d'Uxeau

 

Première caractéristique surprenante : le gui est un hémiparasite. C’est-à-dire que son activité chlorophyllienne est insuffisante pour subvenir à ses besoins métaboliques. Ainsi, le gui parasite un arbre « hôte » : via des suçoirs plantés dans l’écorce, il va prélever des sels minéraux et de l’eau.
Comme vous pouvez vous en douter, la compagnie du gui n’est pas sans conséquences pour l’arbre hôte. En effet, celui-ci est bien souvent affaibli par cette association. Cependant, il est parfois compliqué de savoir si c’est l’affaiblissement antérieur de l’arbre qui a favorisé l’implantation du gui, ou si le parasite est seul responsable de l’affaiblissement de l’hôte.
Aussi, certaines recherches en cours mettraient en avant un impact bénéfique du gui sur l’arbre l’accueillant. A suivre …

Ensuite, la forme de ce végétal est également caractéristique : un arbrisseau en boule.
Cette morphologie particulière est due à un mécanisme au nom barbare : la ramification dichotomique. Essayons de comprendre :

La première année, le petit gui possède une tige courte munie de deux feuilles et surmontée de bourgeons axillaires. L’année suivante, des bourgeons opposés vont se développer donnant naissance à deux nouveaux rameaux, eux-mêmes terminés par une paire de feuille tandis que le bourgeon terminal avorte. Ce processus se poursuit l’année d’après et ainsi de suite. Par conséquent, il est possible de connaître l’âge d’un plant de gui grâce au nombre de ses ramifications.

 

GuiGui

Figure 2 Jeune pousse de gui de 1 an                                                             Figure 3 Pousse de gui de 2 ans

 

Enfin, les années suivantes, des rameaux supplémentaires (généralement 4) apparaissent aux nœuds des années précédentes, accentuant le port en boule du gui.

Une autre particularité : le gui est une plante dioïque. Ceci signifie que les fleurs mâles et femelles sont portées sur deux pieds différents se développant sur le même arbre ou sur deux arbres différents. Cette caractéristique n’est présente que chez quelques espèces comme l’ortie ou les salicacées (peupliers et saules notamment).
Comment les différencier ? C’est très simple, les pieds femelles sont ceux portant les baies blanches caractéristiques du gui.

Les fleurs apparaissent au début du printemps. La pollinisation est assurée par les insectes (on dit qu’elle est entomophile). De cette pollinisation découle l’apparition des fruits du gui, les fameuses baies blanches. A noter qu’avec la symphorine, le gui est la seule espèce végétale indigène en France à posséder des fruits de couleur blanche.

GuiGui

Figure 5 Les fruits du gui : des drupes blanches                                     Figure 4 La viscine contenue dans le fruit a la texture d'une glue                         

En plus de sa couleur, le fruit du gui revêt une autre singularité : la graine comprise dans le fruit est entourée de viscine. Cette dernière est une substance transparente visqueuse, et très collante.

 

La dissémination des graines est assurée par les oiseaux

L’histoire d’un pied de gui commence par le transport des graines par les oiseaux frugivores, plus précisément baccivores (amateurs de baies). Certains oiseaux tels que les grives draines (dont le nom latin viscivorus est curieusement proche du viscum du gui) sont particulièrement friands des baies blanches du gui. Lors du transit intestinal, la pulpe est digérée mais les graines enrobées de viscines sont rejetées dans les fientes. Ainsi, comme la nature est bien faite, la viscine permet à la graine de se coller à une branche pour former quelques temps après une nouvelle boule de gui.

Maintenant que le cycle de vie du gui n’a plus de secret pour vous, la question de la répartition du gui dans la nature reste encore sans réponse.

Tout d’abord il faut savoir qu’il existe 3 sous-espèces de gui :

- Le gui des feuillus

- Le gui des pins

- Le gui des sapins


Seules des différences morphologiques minimes différencient ces 3 sous-espèces (taille des feuilles, des fruits, …), cependant, jamais un gui des feuillus ne pourra se développer sur un pin ou un sapin.

Gui

Figure 6 Gui du pin

 

Aussi, en parcourant la campagne durant l’hiver on constate facilement que le gui est beaucoup plus fréquent sur certaines espèces d’arbres. De même il arrive fréquemment de rencontrer deux arbres voisins, de la même espèce mais inégalement pourvus en gui.

Ainsi, on retrouve le plus souvent du gui sur des pommiers et des peupliers même s’il se développe sur de nombreuses autres essences d’arbres. Par contre, vous ne trouverez quasiment jamais du gui sur du hêtre. Pourquoi ? La science n’est pas encore capable de le dire …

De nombreuses études sont en cours, ayant pour but d’étudier cette compatibilité mystérieuse entre le gui et certains arbres.

 

Quand on commence à étudier le gui, on comprend très rapidement la fascination qu’il engendre, 3 pages sur celui-ci ne permettent qu’une approche globale sur le sujet. Cependant, j’espère que dorénavant, lorsque vous rencontrerez une boule de gui au détour d’un chemin, l’envie vous prendra de la regarder avec un œil neuf. Quel âge a-t-elle ? Est-ce un pied mâle ou femelle ?  Sur quelle essence d’arbre est-elle ? Autant de questions et de curiosités qui donnent une tout autre dimension à la nature environnante.

 

 

 

La rubrique de Pierre AGNOLA

Chaque semaine, Pierre Agnola nous livrera un ou des secrets de la nature....

Pour sa deuxième rubrique, il nous parle des stratégies pour passer l’hiver 

 

Il frappe à notre porte. Les gelées matinales tapissant de blanc les paysages sanvignards ne trompent pas : l’hiver est là. Cette période impacte très fortement la nature environnante, notamment la flore, en raison d’une intensité lumineuse faible qui induit des températures basses. Par exemple, le sol hivernal étant parfois gelé pendant de longues périodes, l’eau est inexploitable par les racines des arbres.
En hiver le mot d’ordre des végétaux, c’est résister le plus efficacement possible au froid et au peu d’ensoleillement. Bon nombre de végétaux se mettent alors en « vie ralentie » ou « dormance ». Quelles sont ces stratégies pour passer l’hiver et en quoi diffèrent-elles ?

 

1 - Les arbres feuillus, comme évoqué dans la précédente rubrique, perdent leurs feuilles. Ce phénomène leur permet d’économiser leur réserve en eau en évitant l’évapotranspiration par les feuilles. Aussi, grâce aux réserves accumulées durant le printemps et l’été, des feuilles en devenir se trouvent en bout de chaque branche et sont protégées par une écaille protectrice : ce sont les bourgeons.

Feuilles vertes

Bourgeon apicale

 

 

Feuilles vertes

Les cynorhodons, fruits de l'églantier, font le bonheur des oiseaux et mammifères à cette saison

 

2 - Les conifères ne perdent pas leurs aiguilles (à l’exception du mélèze d’Europe, visible sur le terril de Morteru notamment !). Ceci est possible car celles-ci sont recouverts d’une fine couche de « cire » permettant de diminuer drastiquement les pertes en eau. De plus, dès le début de l’automne, et jusqu’au début du printemps, leur feuillage devient plus sombre pour mieux capter l’énergie solaire. Un processus similaire permet également au houx rustique et au gui de conserver leurs feuilles durant l’hiver.

 

Feuilles vertes

Le houx rustique conserve ses feuilles durant l'hiver !

 

3 - D’autres végétaux préfèrent passer l’hiver sous la forme d’organes de réserve, souterrains le plus souvent, ce sont les bulbes ou tubercules. Ceux-ci sont des organes riches en réserves nutritives, protégés du froid car suffisamment enfouis, qui permettent à une nouvelle plante d’apparaître au printemps. C’est le cas des jacinthes, des jonquilles, mais également des oignons ou des poireaux.

 

4 - Le cas abordé précédemment comprend les végétaux dits vivaces, qui survivent à l’hiver sous formes d’organes de réserves. Cependant, d’autres sont qualifiés d’annuels ou bisannuels. C’est-à-dire qu’ils meurent au début de la mauvaise saison. Cependant, comme la nature est bien faite, ceux-ci ont eu la bonne idée de produire des graines, disséminées durant l’été. La bourrache, les myosotis ou le mouron rouge sont des exemples de plantes annuelles.

 

Remarques : Qu’est-ce que la dormance ? Et comment les plantes entrent-elles en dormance ?

 

La dormance est le processus biologique caractérisant l’entrée d’un organisme vivant en « vie ralentie » particulière et profonde suite à des conditions défavorables. En effet, que cette dormance se manifeste dans un bourgeon, une graine ou un bulbe, ce phénomène implique des changements métaboliques importants ! La respiration et le dégagement de chaleur sont infimes, les échanges nutritifs sont nuls, il n’y a donc ni croissance ni synthèse.

Ainsi, l’entrée en dormance s’effectue grâce à des capteurs présents sur la plante, qui lui permettent de déceler une baisse de température, d’hygrométrie ou d’intensité lumineuse. Bref, les plantes sont capables de voir venir l’hiver aussi bien que nous !

 

 

A venir la semaine prochaine :

Les stratégies adoptées par les animaux pour passer l’hiver

Ou

Focus sur une espèce étonnante : le gui

 

(Envoyez-nous votre choix préféré)

 

 

 

La rubrique de Pierre AGNOLA

Chaque semaine, Pierre Agnola nous livrera un ou des secrets de la nature....

Pour sa première rubrique, il a décidé de lever le voile sur la vie cachée de l'automne !

 

Cela fait maintenant 3 mois que mon service civique à la mairie de Sanvignes-les-Mines a débuté. Durant cette période, j’ai eu l’occasion d’arpenter routes, sentiers et bois, pour aller à la rencontre du patrimoine naturel de la commune. J’ai ainsi fait l’expérience d’une biodiversité riche qui interpelle et intéresse à chaque fois que l’on va à sa rencontre. De l’écureuil roux caché dans le feuillage des conifères du terril de Morteru, au héron cendré présent tous les matins près des plans d’eaux, en passant par les chênes majestueux qui habillent le bocage du charolais, la nature à Sanvignes-les-Mines ne demande qu’à être observée et admirée.
Depuis le mois d’octobre, l’automne s’est peu à peu établi : colorant les arbres de teintes rouges et jaunes avant de tapisser le sol de ces mêmes couleurs en laissant les arbres nus, apportant la froideur et les précipitations annonçant les prémices de l’hiver, remplaçant la végétation estivale exubérante par une autre, moins diverse certes, mais tout aussi intéressante.
Aux premiers abords, la nature automnale peut paraître moins riche, monotone, voire absente dans certains milieux. Cependant, cette saison est en fait le théâtre d’une vie débordante : tous les animaux et végétaux se préparent à l’hiver imminent, c’est la vie cachée de l’automne.

Figure 1 Les arbres nus facilitent l'observation des oiseaux durant cette période (ici un troglodyte mignon)

 

Figure 2 Les champignons et les mousses, deux habitués de nos paysages automnaux

 

Comprendre la chute des feuilles en automne :

 

Lors de vos randonnées, vous avez sûrement dû vous poser la question « Pourquoi ? » devant les multiples curiosités de la nature. Cette question est essentielle car, dans un milieu naturel, tout ce qui se passe a un sens. Aussi, la perte des feuilles des arbres n’est pas de la coquetterie mal placée mais plutôt une formidable technique d’adaptation qui permet aux arbres de survivre en hiver depuis des dizaines de millions d’années.
Pour comprendre ce phénomène, intéressons-nous d’abord aux feuilles. Que celles-ci soient lisses, dentées ou palmées, ce sont les centrales photovoltaïques des arbres. En effet, la présence d’un pigment vert, la chlorophylle, leur permet de transformer l’énergie solaire en sucres, nécessaires à la croissance des végétaux, c’est la photosynthèse.
Seulement, le tronc et les branches, isolés par l’écorce, sont en mesure de supporter les conditions hivernales, mais ce n’est pas le cas des feuilles, dont le tissu tendre ne résiste pas aux basses températures.

 

Privées de sève
Les arbres, adaptés aux régions froides ou tempérées évitent de dépenser de l'énergie inutilement pour des organes destinés à geler et mourir. Les feuilles sont donc progressivement isolées des canaux qui transportent la sève.
Ceux-ci sont scellés par une couche de liège qui se forme à la base de chaque pétiole. Ce bouchon bloque les canaux acheminant l'eau et les minéraux vers chaque feuille.
Elles survivent cependant quelque temps en digérant leurs propres réserves, mais peu à peu, déshydratées, elles durcissent. Lorsque la couche de séparation est complète, l'attache est prête à se rompre, et les feuilles, à tomber. Au premier coup de vent, elles s'envolent en laissant une cicatrice qui sera recouverte par une fine couche de liège.
Ce phénomène, qui ne se produit que dans les régions tempérées à saisons bien tranchées, ne survient pas "tout seul". Il est déclenché par la baisse des températures et par la diminution de la durée du jour (ou photopériode). En effet, la surface d'une feuille est couverte de capteurs sensibles à l'énergie solaire. Quand la photopériode décroît, une hormone, l'éthylène, est davantage produite. Elle permet la mise en place du bouchon de liège.

Feuilles

Figure 3 Les couleurs automnales


 

Apparition des pigments cachés
Une conséquence de ce phénomène est la coloration des feuilles. Puisque celles-ci ne sont plus alimentées par la sève brute, la photosynthèse est interrompue.
Par conséquent, la chlorophylle, le pigment vert qui participe à la photosynthèse, se dégrade. La couleur verte cesse d'être dominante et se voit supplantée par les pigments rouges, jaunes et orange (les carotènes et les xanthophylles) d'habitude masqués par le vert.
Quant aux conifères, comme le pin, l'épinette et le cèdre, ils ont une stratégie différente. Ils possèdent des feuilles coriaces et persistantes sous la forme de petites aiguilles ou d'écailles.
Elles sont recouvertes d'une couche de cire, isolante, et leurs cellules contiennent des substances spéciales pour résister au froid. De cette manière, la plupart des conifères peuvent supporter les pires conditions hivernales.

Feuilles vertes

Figure 4 Les feuilles d'aulne ont la particularité de rester vertes jusqu'à leur chute grâce à un tissu plus épais et résistant

 

 

 

 

 

Aidez Pierre Agnola (service civique) à protéger notre environnement.

Pierre Agnola (étudiant ingénieur agronome), notre service civique « environnement » arrivé il y a un mois à Sanvignes n’a pas chômé. Il a acquis une bonne connaissance de notre territoire, arpenté les chemins caillouteux. Il a dressé un premier constat concernant notre végétation et pointé le problème des plantes invasives.
Qu’est-ce qu’une espèce invasive ?

C’est une plante ou un animal le plus souvent exotique qui perturbe la flore locale et les habitats naturels de la faune.  Ces espèces sont non seulement invasives mais parfois hautement allergènes comme l’ambroisie.

Voici un petit diaporama difusé lors de la réunion publique du 5 octobre 2016 qui met en images les espèces invasives.
Pierre a identifié 4 plantes et un animal sur la commune et établi une fiche d’identité de chaque espèce :

(Cliquez pour voir la fiche d'identité)

La renouée du Japon

L’ambroisie

L’élodée du Canada

La berce du Caucase

Le ragondin

 

Afin de mieux localiser ces plantes et de permettre aux services techniques de la ville d’intervenir efficacement, une carte « Alerte espèces invasives à Sanvignes » est disponible ci-dessus. Tous les habitants peuvent y signaler la présence de ces plantes. Si vous ne savez pas à utiliser la carte, un tutoriel est disponible ici.

 

23/09/2016